68', France 3, 2003.
auteur : Anne Georget
réalisation : Anne Georget
image : Etienne de Grammont
son : Stephan Bauer
montage : Valérie Salvy
musique :
Jean-Baptiste Loussier
production :
Quark Production
festivals & prix : Sélectionné au FIPA 2004 dans la section "Situation de la création française".
Festival de films des femmes de Créteil 2004.
La Convention de Genève de 1961 définit un réfugié comme une personne persécutée par les autorités de son pays "du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social ou de ses opinions politiques".
La France, signataire de ce texte, s'engage à offrir l'asile à quiconque répond à cette définition. L'Office Français pour la Protection des Réfugiés et des Apatrides est chargé de déterminer si les demandeurs fuient réellement les persécutions prévues par la Convention. Pour la première fois les portes de cette institution nous ont été grandes ouvertes et par là même la possibilité d'explorer l'application concrète d'une valeur fondatrice de la République.
Le demandeur d'asile et l'officier de protection se font face.
Au terme de l'entretien, le statut de réfugié politique sera accordé ou non et avec lui la possibilité d' une nouvelle vie sous protection de la France. Quelles connaissances, quelles convictions, quels doutes président à chacun des rejets ou accords prononcés ? Et ce alors que tout s'emmêle, dressant un portrait peu réjouissant de la planète : les victimes de persécutions réelles, les réfugiés économiques qui tentent leur chance ici faute d'autre porte à laquelle frapper, les mafias qui organisent de juteux réseaux et fabriquent des récits à la chaîne.
Il faut recouper les informations et vérifier le contexte politique du moment pour se faire une idée de la véracité des témoignages. Cette évasion est-elle plausible ? Ce parti politique est-il effectivement persécuté ? ... Il faut aussi aborder des questions difficiles : Comment écoute-t-on le témoignage de quelqu'un qui a été torturé ? Et comment éviter d'accorder l'asile à un ancien bourreau...
Dans le huis clos de l'Office Français pour la Protection des Réfugiés et des Apatrides, le film suit chacune de ces étapes, sans masquer les difficultés liées à la lassitude de la routine, aux moments d'émotion qui envahissent les personnages. A mesure que le film se déroule, on prend conscience de l'immense complexité de la question des réfugiés, et de la nécessité du droit d'asile pour préserver une part d'humanité au sein d'un monde qui se déchire.